jump to navigation

Istanbul, nouvel eldorado arty 14 septembre 2013

Posted by Acturca in Art-Culture, Istanbul, Turkey / Turquie.
Tags: , ,
trackback

Les Echos (France) no. 21521, 13-14 septembre 2013, p. SWE7
Les Echos week-end ~ Voyage

Marie Le Fort

Comme pour conjurer le sort, la capitale turque maintient cette année sa Biennale d’art contemporain. Logique : entre hôtels, boutiques et restaurants, elle a imposé son style.

Même bétonnée et chaotique, Istanbul reste leste : vous pensez tenir son corps, mais vous n’aurez jamais son âme. Elle change, s’adapte, bouge avec le plus grand mystère », s’exclame Mercan Dede, DJ international qui mixe musique traditionnelle soufie et rythmes électroniques, symbiose parfaite entre tradition ottomane et modernité occidentale. Pour composer, Mercan l’avoue, il garde toujours à l’esprit le parfum de l’huile de rose, les senteurs épicées du poivre, du piment et du gingembre qui habillent les allées du Grand Bazar, « ce lieu magique et mystérieux, où se concentre l’âme de la ville ». Istanbul est pour lui la ville où anges et démons marchent côte à côte; une ville de contrastes, où la magie se mêle au chaos, où ce qui n’a pas d’âge côtoie le flambant neuf, où la sérénité se change en frénésie. « C’est ce qui rend cette ville unique et captivante car, à chaque instant, on peut choisir son camp, être versatile, explorer à l’infini, s’y plonger à corps perdu ou la regarder à distance, comme un simple observateur », ajoute-t-il. Entre ferveur religieuse et fêtes qui se prolongent bien au-delà du petit matin, Istanbul a récemment embrassé le design comme on revêtirait un nouvel habit.

« Istanbul est la nouvelle Barcelone de la Méditerranée. La Turquie n’a plus cette image de « pays atelier bon marché » : grâce au design, à la mode et à son don pour faire la fête, Istanbul s’impose comme un nouvel eldorado de style », s’enthousiasme Eric Fajole, directeur d’Ubifrance en Turquie (l’Agence française pour le développement international des entreprises). Il suffit pour cela de gagner le nouveau Mama Shelter, fraîchement débarqué sur la bouillonnante Istiklal, pour découvrir une vision contemporaine d’Istanbul, graphiquement revisitée par Philippe Starck, qui instille ici son style sur les moquettes et ardoises murales. Plus turcs encore dans leurs codes, le trio de House Hotels – imaginés avec la complicité d’Autoban côté décoration d’intérieur – s’implanta successivement dans un magnifique immeuble ancien du quartier de Galatasaray marqué par de vastes hauteurs sous plafond et un escalier en marbre, puis au-dessus du magasin Prada, dans le luxueux quartier de Nisantasi – repaire idéal pour fashionistas et expatriés au goût sûr – avant d’ouvrir, les pieds dans l’eau, sur les rives du Bosphore à Ortaköy.

Déclinant trois ambiances distinctes « historique augmentée de design », « sur-mesure masculine » et « lounge estivale », les House Hotels relayent une identité turque contemporaine qui fait des émules de Hong Kong à New York. En une décennie à peine, Autoban a non seulement transformé le paysage urbain stambouliote mais véritablement jeté les bases d’une école de style à part entière.

Modernisme des années 1950

Autoban ? Drôle de nom pour un duo de designers stambouliotes – Seyhan Özdemir, architecte, et Sefer Caglar, designer – qui, repéré par le magazine « Wallpaper* » dès 2004, est depuis parvenu à créer et imposer une esthétique à part : inspirés par le modernisme des années 1950, ils composent des intérieurs et des collections de mobilier intemporels. Outre une collaboration de longue date avec l’éditeur De La Espada, Seyhan et Sefer ont signé, en ville, une kyrielle de restaurants – chaîne de House Cafés et Kitchinette mais aussi Münferit, Gaspar ou Müzedechanga au sein du musée Sakip Sabanci -, des clubs en vue comme Angélique, des concepts-stores avant-gardistes – tels V2K de Vakko ou la boutique de la créatrice de mode Arzu Kaprol -, sans oublier les fameux House Hotels ! Si la télévision a même été jusqu’à caricaturer leur hégémonie en créant des marionnettes à leur effigie, le duo poursuit sur sa lancée stellaire, planchant en ce moment même sur le design intérieur des 45.000 mètres carrés du futur aéroport de Baku en Azerbaïdjan. A Istanbul, et ailleurs dans le monde, le style Autoban est reconnaissable : mieux, il offre une vision claire et ordonnée, et autant de repères visuels efficaces, à la mégalopole portée par un développement chaotique. S’inspirant de leur modèle, de nombreux jeunes designers et agences s’engouffrent dans leur sillage, comme la confidentielle marque 333km fondée par Deniz Duru en 2011, qui marie, elle aussi, nobles essences de bois et détails chromés. A Istanbul, le style Autoban fait école : impossible d’envisager un séjour sans le côtoyer. Et l’adopter.

Réveillée par un goût prononcé pour le design, Istanbul l’impose dans chacune de ses initiatives culturelles : de la récente Biennale de design, lancée à l’automne 2012 dans l’enceinte d’Istanbul Modern, le Musée d’art contemporain de la ville, en passant par ses nouvelles plates-formes artistiques comme Arter ou Salt Galata. En investissant les murs de l’ancienne Banque ottomane érigée en 1892 par Alexandre Vallaury, Salt, une institution gérée de manière indépendante, explore non seulement des champs artistiques mais soutient aussi des réflexions en matière d’urbanisme, d’architecture et de design. Le design trouve même sa place dans les fondements de la culture turque, comme ce fut le cas au cours du dernier Salon du meuble de Milan, où les soeurs Kayek, créatrices de mode, signaient une sculpturale installation en marbre baptisée « Nebula », qui revisitait l’ancestrale culture du hammam pour l’apurer et la conjuguer au présent. Forte de son succès, la pièce sera exposée au Victoria & Albert Museum de Londres cet automne. A Istanbul, le design a plus que jamais la cote !

 

 

Carnet de route

Y aller

Office du tourisme de Turquie
www.goturkey.com

En avion : Turkish Airlines propose cinq vols quotidiens entre Paris CDG et l’aéroport international Atatürk, à partir de 243 euros AR. Le CIP lounge à l’aéroport d’Istanbul est signé Autoban.
www.turkishairlines.com

SE LOGER

Récemment inauguré sur la très passante – et centrale – Istiklal Caddesi, le Mama Shelter Istanbul est un parfait piedà-terre créatif à prix ultradémocratique. A partir de 69 euros.
La bonne chambre : la 628.
Le prix de l’expresso : 2 euros.
A ne pas manquer : la terrasse de 900 m2 sur le toit et la cuisine franco-turque supervisée par Alain Senderens.
tel. : +90 212 252 01 00
www.mamashelter.com/fr/istanbul

SE RESTAURER

Pour un dîner composé de mezze contemporains, Münferit, dessiné par Seyhan Özdemir (Autoban), est une excellente option pour se mêler à une foule locale, archi-tendance. Yeni Carsi Caddesi, No. 19. Beyoglu.

EMPLETTES

Showroom Autoban : toutes les créations du duo s’exposent dans leur boutique-galerie d’Akaretler, toutes représentatives de leur style rétro-contemporain années 1950. http://autoban212.com

Armaggan regroupe et modernise tous les savoir-faire turcs : boîtes en marbre, riches étoffes, serviettes de hammam, etc.
www.armaggan.com

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :