jump to navigation

Les sortilèges du Bosphore 12 décembre 2013

Posted by Acturca in Art-Culture, Books / Livres, History / Histoire.
Tags: , ,
trackback

Le Figaro (France) no. 21572, jeudi 12 décembre 2013, p. LIT7
Le Figaro Littéraire

Françoise Dargent

Theresa Révay. Une femme s’émancipe alors que la Turquie devient moderne. Dans la demeure des Hanim, les femmes et les enfants ont leurs pièces réservées, le haremlik. Les hommes n’y sont pas vraiment les bienvenus. Leyla Hanim, la maîtresse de maison, ne s’y sent pas non plus tellement chez elle. Sa belle-mère, une circassienne affranchie, y règne. Son thé s’y révèle souvent amer. C’est donc à l’extérieur que cette belle Stambouliote va imposer ses vues et ses idées. L’époque est au changement. En 1918, Istanbul est aux mains des alliés qui se disputent les restes face à un Sultan déboussolé. L’empire s’effondre. Un homme va en profiter pour sortir la Turquie de l’époque ottomane, Mustafa Kemal. Les femmes peuvent lui être utiles. Leyla sera de celles-ci.

Peur de rien

Theresa Révay aime déployer son imagination dans des fresques romantiques sans sacrifier à son goût pour l’histoire. Dans celle-ci, elle dépeint avec minutie un Istanbul frémissant, une ville entre deux cultures brassant les populations et les rêves. Comme sa fringante héroïne qui tombera le voile en se révélant activiste, la ville se défait peu à peu de ses oripeaux ottomans pour entrer de plain-pied dans une ère nouvelle. Enflammée par son entreprise romanesque, Theresa Révay n’a peur de rien. Elle fourre un officier allemand blessé dans le haremlik. Il y a pire endroit pour un infidèle mais le ressort est efficace pour faire avancer l’action. Elle dévie du droit chemin un officier français. Le fantôme charmeur de Loti flotte sur les pages. Elle titille la fierté du secrétaire du sultan, dépassé par les revendications de son épouse. Du coup, il en prend une seconde beaucoup plus soumise. Retors mais efficace. Cela ne s’arrête jamais au fil des 400 pages de ce roman. Istanbul bruit, rêve et se cabre sous les coups de plume de la romancière. Un hommage vibrant.

L’Autre Rive du Bosphore, De Theresa Révay
Belfond, 410 p., 21,50 €

Commentaires»

No comments yet — be the first.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :