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La guerre des clans vise le premier ministre turc 20 décembre 2013

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Tribune de Genève (Suisse) vendredi 20 décembre 2013, p. 6

Gabrielle Danzas, Istanbul

Les divers groupes du pouvoir islamiste, dont la confrérie de Gülen, ont déclenché les hostilités. Erdogan est mal pris.

Le pouvoir du premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, vacille. Un vaste scandale de corruption et de malversations éclabousse son entourage, et notamment quatre de ses ministres les plus proches. Derrière cette offensive judiciaire sur un sujet jusqu’alors tabou dans la presse – la corruption des dirigeants – apparaît la guerre des clans qui fait rage au sein du mouvement islamiste turc. D’un côté, les partisans d’Erdogan, en rangs serrés autour de leur chef. De l’autre, la confrérie religieuse de Fethullah Gülen, un prédicateur exilé aux Etats-Unis depuis 1999, jadis le principal allié de l’AKP, le parti au pouvoir.

A travers la cinquantaine d’arrestations de bureaucrates et d’hommes d’affaires à laquelle a procédé la justice depuis mardi, c’est le système affairiste bâti autour d’Erdogan qui est visé. Le premier ministre a dénoncé une «sale opération», pointant du doigt «les forces de l’ombre» qui agissent derrière ce coup de force judiciaire. Une manière d’accuser sans la nommer la confrérie deFethullah Gülen, soupçonnée d’avoir infiltré l’appareil judiciaire. Un député parmi ses fidèles,Salih Kapusuz, a déclaré que «l’AKP ne tire son pouvoir ni de forces occultes outre-Atlantique ni d’alliances nauséabondes». Le prédicateur turc Fethullah Gülen, à la tête d’un puissant groupe d’influence, vit exilé aux Etats-Unis depuis 1999.

La confrérie Gülen, ou mouvement «Hizmet» (service), est née dans les années 70, à Izmir. Fethullah Gülen, un imam charismatique, y rassemble ses premiers fidèles. Mais c’est dans les années 90 que son cercle commence à jouer un rôle plus politique. Après la chute de l’URSS, la diplomatie turque s’appuie sur ses réseaux en Asie centrale pour reconquérir cet espace stratégique. A la tête d’écoles et d’universités dans plus d’une centaine de pays, la confrérie est d’abord un réseau éducatif. En Turquie, elle a investi dans les «dershane», des établissements de soutien scolaire devenus l’une de ses principales sources de revenus. En novembre, le gouvernement turc a tenté de faire passer une réforme qui devait mettre fin à ce système. Le mouvement Gülen a alors lancé la riposte.

Avec Erdogan, le réseau Gülen a d’abord eu les coudées franches, dans l’économie, dans les médias Mais l’étendue de son influence fait l’objet de spéculations. La confrérie, qui cultive le secret, est soupçonnée d’avoir noyauté les institutions: l’administration territoriale, la police, la justice Jusqu’à devenir un Etat dans l’Etat.

L’alliance qui a primé pendant plus de dix ans est désormais rompue. L’opération anticorruption a été déclenchée au lendemain de la démission d’un député de l’AKP, l’ancien footballeur Hakan Sükür, adepte de Fethullah Gülen, la deuxième en quelques semaines. Une vingtaine d’autres députés pourraient quitter le parti, estime la presse turque. Et si la confrérie a toujours démenti prétendre créer un mouvement politique, elle apparaît bien aujourd’huicomme la principale force d’opposition, la seule capable d’interrompre le règne de Tayyip Erdogan, à la veille d’une année électorale cruciale.

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