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Le gouvernement turc dans la tourmente 20 décembre 2013

Posted by Acturca in Turkey / Turquie.
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Les Echos (France) no. 21589, vendredi 20 décembre 2013, p. 12

Yves Bourdillon

Une enquête anticorruption déstabilise le Premier ministre, Recep Erdogan. Règlement de comptes sur le Bosphore. La spectaculaire opération de police lancée mardi à Istanbul contre des proches du chef du gouvernement islamiste, Recep Tayyip Erdogan, a créée une véritable onde de choc en Turquie. Les fils des ministres de l’Intérieur, de l’Economie et de l’Environnement (leurs pères sont protégés par l’immunité accordée aux parlementaires) sont en garde à vue, ainsi que le patron de la banque publique Halk Bankasi et une trentaine d’hommes d’affaires liés à l’AKP, le parti islamo-conservateur au pouvoir. Ils sont accusés de corruption et fraude dans des affaires de construction de logements sociaux, ou d’exportation d’or vers l’Iran en contravention des sanctions internationales.

L’affaire tombe mal pour Erdogan, puisque des municipales cruciales sont prévues en mars, avant une élection présidentielle l’été prochain. L’AKP, qui se présente comme un hérault de la lutte anticorruption, voit son image ternie, En outre, la contre-attaque, immédiate, de Recep Erdogan peut nourrir le soupçon, car, comme l’écrit le quotidien « Hürriyet », le gouvernement a tendance à « dissuader toute enquête qui le vise ». Si un adjoint d’Erdogan a promis qu’il était hors de question de faire entrave à la justice, il n’en demeure pas moins qu’une trentaine de responsables policiers ont été sanctionnés dans la capitale, Ankara, ou à Istanbul pour avoir « outrepassé leurs pouvoirs ». Le préfet de police d’Istanbul a été renvoyé hier. Prompt à dénoncer des structures parallèles au sein de l’Etat, Recep Erdogan a dénoncé des « forces obscures » et martelé que « s’il existe une organisation illégale au sein de l’Etat, il est de notre devoir de la démanteler ».

Il n’a pas cité de noms, mais tous les observateurs turcs estiment que le Premier ministre est engagé dans une lutte à mort avec la puissante confrérie Gülen, du nom d’un prédicateur musulman vivant en exil volontaire en Pennsylvanie. Cette dernière était pourtant alliée à l’AKP face à l’armée laïque lors de l’arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan en 2002. Gülen a récemment dénoncé le « roi Crésus » et le « pharaon », une allusion à l’affairisme immobilier des proches d’Erdogan, qui avait d’ailleurs suscité une révolte de la jeunesse au printemps dernier. Accusant Gülen d’avoir infiltré la police et la justice, Erdogan a essayé récemment de démanteler les « dershanes », les classes préparatoires à l’entrée aux universités, une branche lucrative de l’empire Gülen. Le combat entre Gülen et l’AKP ne fait que commencer.

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