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L’homme fort de la Turquie déstabilisé 26 décembre 2013

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Les Echos (France) no. 21592, jeudi 26 décembre 2013, p. 1

Une

Démissions : Un vaste scandale de corruption qui a conduit à l’arrestation de 24 personnes, dont des fils de ministre, a précipité hier la démission de trois ministres importants du gouvernement Erdogan (Economie, Intérieur et Environnement). Dans la soirée, le Premier ministre a annoncé qu’il remplacerait 10 de ses 20 ministres.

Les autorités judiciaires enquêtent sur des transferts d’argent illégaux vers l’Iran et sur le paiement de dessous-de-table pour des projets dans le bâtiment. Le Premier ministre, qui rentrait mardi soir du Pakistan, voit dans ces enquêtes une tentative de déstabilisation de son gouvernement. Son ministre de l’Environnement, en partance, a appelé à sa démission. Certains voient dans cette crise la main du prêcheur musulman Fethullah Gülen, basé en Pennsylvanie, dont l’influence serait grande dans les milieux judiciaires turcs. Cette crise politique a contraint la banque centrale à intervenir pour tenter d’endiguer le glissement de la livre turque.

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Un scandale de corruption fait tanguer le gouvernement Erdogan

Virginie Robert

Trois ministres (Economie, Intérieur et Environnement) ont démissionné hier du gouvernement après l’arrestation ou le questionnement par la police de leurs fils dans le cadre d’une enquête pour corruption et trafic d’influence. A peine rentré du Pakistan, Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre, a dénoncé un complot politique pour affaiblir son parti, l’AKP, avant les élections locales du mois de mars. Il a décidé hier soir d’un remaniement qui implique le remplacement de dix de ses vingt ministres.

Les autorités judiciaires enquêtent sur des ventes illégales d’or vers l’Iran et sur le paiement de dessous-de-table pour des projets dans le bâtiment.

La Bourse d’Istanbul a chuté de 4,2 % à la clôture. Un mouvement baissier engagé après que le ministre de l’Environnement en partance a demandé à son tour à la télévision le départ du Premier ministre. « Je n’accepte pas d’être mis sous pression à cause des ces investigations, qui impliquent pots-de-vin et corruption, ni qu’on me demande de démissionner […]. Le Premier ministre devrait lui aussi démissionner », a déclaré Erdogan Bayraktar. Selon lui, une grande partie des projets de construction sous investigation ont été approuvés par Recep Erdogan.

Depuis la semaine dernière, plusieurs raids de la police auprès d’hommes d’affaires, d’employés municipaux et de fils de ministre ont permis de récupérer plusieurs millions de dollars en liquide. Vingt-quatre personnes ont été arrêtées. La police aurait retrouvé chez le président d’une banque contrôlée par l’Etat, la Halkbank, 4,5 millions de dollars empaquetés dans des boîtes à chaussures. Un million de dollars en liquide aurait été trouvé chez le fils du ministre de l’Intérieur.

Déviances du pouvoir

Les dissensions semblent s’accroître au sein de l’exécutif, qui a dû faire face l’été dernier à des manifestations géantes qui critiquaient les déviances d’un pouvoir trop autoritaire.

Dans ce nouvel épisode, Recep Erdogan verrait la main du prêcheur musulman Fethullah Gülen, basé en Pennsylvanie, dont l’influence serait grande dans les milieux judiciaires turcs. Celui-ci a nié toute implication dans les enquêtes en cours. Il a longtemps été un allié du Premier ministre, mais des divergences en matière diplomatique les auraient éloignés.

Selon le quotidien « Hürriyet », le Premier ministre a fait récemment démissionner ou muter environ 70 policiers sur les 550 liés à ces enquêtes, engagées dans le plus grand secret il y a quatorze mois. Les médias ont même été empêchés d’entrer dans les hôtels de police, rapporte la BBC. L’Union européenne a demandé à Ankara de préserver la séparation des pouvoirs. « Cela souligne le besoin d’établir une réelle police judiciaire, comme l’a déjà recommandé l’Union européenne », a indiqué mardi un porte-parole du commissaire pour l’Elargissement. De son côté, la banque centrale turque a continué d’injecter des liquidités pour endiguer la baisse de la livre turque, qui s’échangeait hier à 2,0907 livres pour 1 dollar.

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