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Turquie : la crise politique fragilise l’économie 28 décembre 2013

Posted by Acturca in Economy / Economie, Turkey / Turquie.
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Le Figaro (France) no. 21585, samedi 28 décembre 2013, p. 21
Le Figaro Économie

Anne Cheyvialle

La livre turque atteint un plus bas historique, la Bourse est en forte baisse. Le scandale politico-financier qui secoue la Turquie depuis une dizaine de jours et fait vaciller le pouvoir en place de Recep Tayyip Erdogan fragilise l’économie. « C’est un véritable séisme, après plusieurs années de pouvoir presque absolu d’Erdogan » , commente un homme d’affaires sur place.

Sur le front économique, en première ligne, la livre turque a atteint ce vendredi son plus bas historique face au dollar, à 2,1467 livres. La devise a perdu 6 % depuis que le scandale a éclaté, et 15 % depuis janvier 2013. Enclenchée au printemps dernier par l’annonce de la Réserve fédérale américaine d’un prochain resserrement monétaire, la dépréciation s’était amplifiée avec les émeutes du printemps contre l’autoritarisme du premier ministre.

La sanction se ressent aussi sur les marchés : l’indice principal de la Bourse d’Istanbul BIST 100 reculait de 3,76 % en début de matinée avant de se reprendre ; la chute en deux semaines a atteint 17 %. Et les taux obligataires se sont nettement tendus. Le coût d’emprunt à dix ans a grimpé à 10,3 % contre 9,37 % début décembre.

Pour freiner la spéculation et enrayer la chute de la livre, les autorités monétaires ont prévu d’injecter jusqu’à 6 milliards de dollars, 450 millions quotidiennement d’ici au 31 décembre et un total de 3 milliards en janvier.

Le risque, au-delà, est d’amplifier le déficit courant, véritable talon d’Achille du pays, qui a atteint 7,5 % du PIB au troisième trimestre, sachant que 80 % de ce déficit est financé par des capitaux à court terme (actions, obligations, crédit interbancaire), par nature volatiles. Cette forte dépendance s’explique par la faiblesse de l’épargne nationale, l’un des plus bas des pays émergents, et par un taux d’investissement insuffisant à 20 % du PIB.

Croissance insoutenable

Ce déficit courant structurel est lié à la facture énergétique très élevée, qui augmente mécaniquement quand la livre se déprécie. « Cette dépendance énergétique est le point noir qu’il faut compenser en attirant des flux de capitaux » , explique Sylvain Bellefontaine, de BNP Paribas.

Cela plaide pour un resserrement de la politique monétaire, d’autant que le moteur de l’économie turque est alimenté par le crédit privé. « La croissance en Turquie est de moins en moins soutenable » , écrivent les experts de Capital Economics dans une note. « Le crédit augmente deux fois plus vite que la croissance, renchérit Sylvain Bellefontaine. Erdogan résistait ces derniers mois à durcir la politique monétaire à l’approche d’échéances électorales importantes. » Des mesures ont toutefois été prises pour limiter le crédit à la consommation en instaurant des critères de revenus et des plafonds. La consommation des ménages reste le principal levier de croissance, qui a progressé au troisième trimestre de 5,1 % en glissement annuel.

Le problème aujourd’hui est le climat d’incertitude politique que crée cette affaire de corruption. Elle risque de freiner les investissements dont la Turquie a grandement besoin. La question pour les investisseurs, note Markus Huber, courtier chez Peregrine and Black, « est de savoir combien de temps il faudra pour mettre fin au scandale ou si cela sera étouffé pour ressortir plus tard » .

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