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Rattrapé par les affaires, Erdogan dénonce une conspiration contre la Turquie 30 décembre 2013

Posted by Acturca in Turkey / Turquie.
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Le Figaro (France) no. 21586, lundi 30 décembre 2013, p. 5

Nare Hakikat, Istanbul

Les scandales de corruption qui ont provoqué en fin de semaine des manifestations à Istanbul contre le premier ministre turc pourraient peser sur les prochaines échéances électorales.

Vendredi, les spectateurs des chaînes télévisées turques, qui transmettent en direct tous les discours de Recep Tayyip Erdogan, ont pu voir et entendre au moins cinq fois le premier ministre. On pourrait croire que le chef du gouvernement, en tournée dans différentes villes du pays, tente de battre une sorte de record. Face au scandale de corruption qui secoue le pays depuis une douzaine de jours, il tente de mobiliser son électorat et essaye de convaincre l’opinion publique que les accusations, qui le concernent aussi avec la mise en cause de son fils, ne sont que le résultat d’un complot.

Il martèle en hurlant que le dossier en cours d’instruction est une « trahison » , un « sale jeu » et une « attaque contre la volonté nationale » . Des théories de complot, accusant les pays occidentaux d’être derrière cette « tentative de coup d’État » , fusent dans tous les sens au rythme des shows de soutien. Des milliers de militants de l’AKP ont ainsi accueilli Erdogan à Istanbul vêtus de linceuls, symboles de leur dévouement à leur leader « jusqu’à la mort » . Mais tous ces efforts ne suffisent pas à cacher l’ampleur des dégâts. Le premier ministre et l’AKP sont sonnés, tout comme l’économie turque. La Bourse d’Istanbul et la livre turque dégringolent. La baisse de la monnaie rappelle la crise économique de 2000 en Turquie, qui, également sur fond de corruption, avait balayé tous les partis politiques en coalition à l’époque, emmenant ainsi l’AKP au pouvoir.

Guerre entre anciens alliés

Au début de la crise, certains observateurs imaginaient qu’Erdogan tenterait de faire la paix avec Fethullah Gülen, le guide de la confrérie religieuse Hizmet qui vit aux États-Unis, cet ex-allié de l’AKP, qui aurait joué un rôle clé dans la révélation du scandale de corruption. Or Erdogan semble avoir brûlé les ponts. La joute verbale entre Erdogan et Gülen au cours de laquelle l’on s’est même maudit à distance est allée trop loin pour espérer un accord. À chaque initiative d’Erdogan pour contrôler la justice et la police, deux institutions où la communauté Gülen est très influente, le camp adverse riposte par de nouvelles révélations.

Le dessaisissement du procureur qui menait l’enquête impliquant le fils d’Erdogan a provoqué une réaction indignée de l’organe gérant la désignation des magistrats, le Conseil supérieur des juges et des procureurs. La pression effectuée sur la justice pour étouffer le dossier a été tellement évidente qu’il sera difficile pour Erdogan de faire oublier cette affaire à l’approche des élections en 2014 et 2015. « En menant une lutte de survie sans merci, Erdogan et ses flagorneurs provoquent des dommages politiques et économiques difficilement réparables en Turquie » , écrivait dimanche le chroniqueur Cengiz Çandar dans le journal Radikal. « Erdogan, qui a été la plus brillante image de la Turquie sur la scène internationale, devient malheureusement ces jours-ci un poids impossible à porter pour son pays. »

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