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L’envol de Turkish Airlines profite à l’aéroport de Genève 6 janvier 2014

Posted by Acturca in Economy / Economie, Turkey / Turquie.
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La Tribune de Genève (Suisse) 6 janvier 2014, p. 9

Jean-Marc Corset

La compagnie, qui veut concurrencer les nouveaux géants des airs, grandit vite. Genève est une de ses têtes de pont dans le monde.

Turkish Airlines veut faire partie de la cour des grands dans l’aviation civile. La compagnie d’aviation turque, qui se targue de posséder l’une des flottes les plus jeunes, enregistre une croissance parmi les plus rapides en Europe. Celle-ci devrait se confirmer ces prochaines années puisque la compagnie a passé le printemps dernier la plus grosse commande de son histoire, soit 117 Airbus, dont 88 en version économique «neo», pour un montant global de 9,3 milliards de dollars au prix catalogue. Cet envol profite directement à Cointrin.

Un gros potentiel

«Genève est l’une des destinations qui a un potentiel d’affaires les plus importants en Europe grâce aux organisations internationales», relève Celil Yilmaz, directeur régional marketing de Turkish Airlines, basé à Genève. Son bureau pour la Suisse romande emploie pas moins de douze personnes. Arrivé il y a bientôt cinq ans, il a vu le trafic de sa compagnie entre Genève et son pays d’origine passer de dix vols par semaine à vingt et un, à raison de trois vols par jour. «Il y a encore un gros potentiel», dit-il.

Il est vrai que pas moins de 400 sociétés suisses, dont plusieurs sont basées dans les cantons de Vaud et Genève, sont actives près du Bosphore et en Anatolie. La compagnie démarche spécifiquement cette clientèle avec des contrats « corporate », sans parler de son offre en classe business, qui propose divers services personnalisés, par exemple un cuisinier turc à bord qui porte la toque.

Du côté des particuliers, il y a la communauté turque présente en Suisse, forte de quelque 80 000 personnes. Mais elle ne serait forte que de 10 000 à 15 000 membres en Suisse romande, et ne constitue donc pas un gros trafic à Cointrin, selon Celil Yilmaz. La compagnie affrète cependant des vols supplémentaires, notamment lors des vacances turques et, durant l’horaire d’été, vers Antalya comme charter pour le Club Med. En cette période hivernale, Turkish Airlines transporte via Cointrin passablement de skieurs turcs et russes, attirés par les stations des Alpes.

Le directeur régional a pour objectif quatre vols quotidiens depuis la piste proche du Léman, sachant qu’il y en a actuellement sept par jour au départ de la Suisse: un à Bâle et trois à Zurich – quatre durant l’horaire d’été –, tous en direction de l’aéroport international Atatürk à Istanbul. Ce dernier commence d’ailleurs a avoir de la peine à absorber la croissance du trafic. Les autorités turques se sont dès lors décidées à construire un troisième aéroport dans la capitale, qui ambitionne ni plus ni moins d’être le plus grand au monde! Son coût est estimé à quelque 7 milliards d’euros. Il sera doté de six pistes lui permettant d’accueillir – en principe dès 2016 – près de 150 millions de passagers par an. Atlanta, l’aéroport le plus fréquenté de la planète à l’heure actuelle, a vu passer 90 millions de passagers en 2012.

L’Afrique pour cible

Au siège de Turkish Airlines, à proximité de l’aéroport Atatürk, Fatih Cigal, vice-président du marketing et des ventes pour l’Europe centrale, ne cache pas les ambitions de la compagnie. «Nous voulons grandir et faire d’Istanbul une plate-forme mondiale. Pour cela, nous investissons dans des niches, notamment l’Afrique, le Moyen-Orient et l’Asie centrale. » Turkish Airlines est toutefois déjà l’une des premières compagnies au monde par le nombre de destinations (plus de 240). En particulier sur le continent africain, où elle en compte 34. Elle en a ouvert une dizaine l’an dernier et en fera de même cette année, pour en compter bientôt plus de 40. Il faut dire que le gouvernement turc, à l’image de la Chine, a mis en œuvre une politique d’investissement importante sur le continent africain. «Nous sommes également très forts dans les anciens pays satellites de la Russie, affirme Fatih Cigal, et en Europe, notamment en Allemagne et au Benelux. »

Pour se développer, la compagnie peut compter sur son actionnaire principal, l’Etat turc, qui possède toujours près de la moitié (49,1%) des parts du capital. Avec 231 appareils actuellement (passagers et cargo) ainsi que 250 en commande, elle se profile comme un des futurs géants des airs. En 2020, elle possédera 400 à450avions dans sa flotte. Pour comparaison, Emirates en compte actuellement 214 en activité. L’âge moyen des appareils de Turkish Airlines sera alors de moins de 5 ans,contre un peu plus de 6 ans aujourd’hui. Elle a aussi beaucoup investi dans les services de restauration de bord, en s’alliant avec le groupe autrichien Do & Co pour créer une filiale en Turquie qui prépare maintenant pas moins de 150 000 repas par jour pour de nombreux transporteurs aériens.

Messi dans son camp

Mais pour asseoir sa notoriété, elle n’hésite pas non plus à mettre le paquet dans le marketing. Pour preuve, son statut de transporteur officiel du FC Barcelone et de Manchester United et sa campagne de pub avec Messi, qui fait un tabac. Une grande offensive qui est sans doute vue comme une menace par certains concurrents. Lufthansa vient de décider de mettre fin aux vols en partage de code avec Turkish Airlines, dont elle est pourtant alliée au sein de Star Alliance, comme Swiss!

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