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Erdogan administre une nouvelle purge à la police 8 janvier 2014

Posted by Acturca in Turkey / Turquie.
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Tribune de Genève (Suisse) mercredi 8 janvier 2014, p. 7

Bernard Bridel avec agences

Le premier ministre hausse encore le ton contre les forces de l’ordre et la justice qu’il accuse de jouer contre lui

Cette fois, la guerre est totale entre le gouvernement islamo-conservateur et certains secteurs de la police et de la justice turques. Hier, trois semaines après l’éclatement de l’énorme scandale de corruption qui éclabousse le régime du premier ministre Recep Tayyip Erdogan, le ministre de l’Intérieur, Efkan Ala, a démis de leur fonction pas moins de 350 policiers basés à Ankara.

Dans cette liste figurent plus de80 hauts gradés, parmi lesquels -comme par hasard! – les patrons des services en charge de la lutte contre les crimes financiers, le crime organisé et la piraterie informatique, selon l’agence de presse Dogan. Comme il l’a répété ces derniers temps, Erdogan accuse ces policiers d’être aux mains d’un mystérieux «Etat dans l’Etat», de fait la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen, jugée responsable de l’éclatement du scandale.

Cette nouvelle purge complète celles qui ont déjà coûté leur place à plusieurs dizaines de policiers depuis le début de cette affaire qu’il faut bien qualifier de plus grave crise qu’a connue la Turquie de l’ère Erdogan. Selon la presse, les limogeages d’hier portent à près de 600 le nombre d’officiers de police mutés ou démis de leurs fonctions depuis le début du scandale le 17 décembre.

Mais, à trois mois des élections municipales du 30 mars, la grande contre-offensive du «nouveau Sultan» Erdogan ne se limite pas aux forces de l’ordre. Au grand nettoyage de la hiérarchie policière, le premier ministre a ajouté une vaste opération de reprise en main de la justice, elle aussi accusée de participer à un «complot» contre lui.

Mais la magistrature ne semble pas vouloir se laisser faire. C’est ainsi qu’hier, le Haut-Conseil des juges et procureurs (l’une des principales institutions judiciaires), a ouvert une enquête contre le nouveau chef de la police d’Istanbul, Selami Altinok, soupçonné d’avoir ordonné à ses officiers de ne pas exécuter un mandat d’arrêt visant une trentaine de personnalités proches du pouvoir. Sur le terrain, les procureurs anticorruption ont ordonné un coup de filet dans cinq villes et interpellé 25 personnes dans un autre volet de l’enquête.

A ce jour, plusieurs dizaines d’hommes d’affaires, de patrons, de hauts fonctionnaires et d’élus, dont les fils de deux ex-ministres, ont été inculpés ou incarcérés dans le cadre du scandale, qui a provoqué la démission de trois membres du gouvernement et un large remaniement ministériel.

Bien évidemment, cette affaire inquiète les milieux économiques et pèse sur les marchés financiers. Tout cela est de très mauvais augure pour Erdogan, auquel on prête de plus en plus l’intention de se présenter à la première élection présidentielle au suffrage universel qui se déroulera en août.

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