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Hollande prêt à avancer sur l’adhésion de la Turquie 28 janvier 2014

Posted by Acturca in France, Turkey / Turquie, Turkey-EU / Turquie-UE.
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Les Echos (France) no. 21614, mardi 28 janvier 2014, p. 5

Yves Bourdillon, Envoyé spécial à Ankara

Il assure que le peuple français serait consulté en cas d’adhésion turque à l’Union européenne.

François Hollande a entamé hier sa visite d’Etat en Turquie, la première depuis 1992, par des entretiens avec son homologue turc, Abdullah Gül, consacrés largement à la question de l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Sans s’engager plus avant, le chef de l’Etat a laissé entendre qu’il était prêt à « regarder ce que nous pouvons faire ensemble » en matière de négociations d’adhésion, citant en priorité les chapitres 23 et 24 sur l’Etat de droit et d’indépendance de la justice (35 chapitres de discussions sont prévus), deux sujets au coeur de la crise politique actuelle dans le pays. Face aux réticences de l’opinion en France, il a répondu : « Inutile d’agiter quelque peur que ce soit », car le peuple français serait de toute façon consulté.

Un moment délicat

Le président turc, Abdullah Gül, a convenu pour sa part que l’essentiel est qu’il « n’y ait plus d’obstacles ajoutés aux négociations. Pour l’adhésion elle-même, nous ne sommes pas pressés et nul ne peut préjuger du résultat de ces discussions ». Avant d’estimer que les relations économiques franco-turques devaient être portées à un niveau nettement supérieur. Les deux chefs d’Etat ont d’ailleurs fixé comme objectif 20 milliards d’euros de commerce à terme, contre 11 milliards actuellement. Parmi les onze accords de coopération technique et scientifique signés hier par Paris et Ankara, celui pour la construction d’une centrale nucléaire par l’opérateur turc EUAS et le consortium Mitsubishi-GDF Suez (annoncé en mai). Est aussi prévue la construction, pour 2 milliards d’euros, d’une centrale thermique à charbon à Adana, d’une puissance de 1.300 mégawatt. Paris discute aussi avec Ankara de la fourniture d’un système anti-missile. Pékin est aussi sur les rangs.

Il n’en demeure pas moins que la visite du président français intervient à un moment délicat et pourrait donner l’impression que Paris ferme les yeux sur les atteintes à la séparation des pouvoirs portées par le gouvernement de Tayip Recep Erdogan. Ce dernier a limogé ou muté des centaines de juges et policiers, en représailles aux enquêtes de corruption lancées contre plusieurs dizaines de proches du pouvoir islamo-conservateur. L’Elysée réplique qu’il « n’y a pas de bon ou de mauvais moments pour se parler » et que cette visite s’inscrit dans la droite ligne de la réception, à Bruxelles, mardi dernier, de Tayip Recep Erdogan. Le président de la Commission, José Manuel Barroso, lui avait rappelé qu’il y avait des lignes rouges à ne pas franchir en matière d’atteintes à l’Etat de droit. « Pas de raison d’attendre du président français qu’il soit plus royaliste que le roi en la matière », souligne Seyfettin Gürsel, économiste à l’université Bahcesehir. Qui souligne la profondeur de la crise, qui sans « aller jusqu’à parler de crise de régime se répercute clairement sur la monnaie ».

La livre turque a perdu 20 % ces derniers mois, bien plus que les monnaies d’autres émergents, ce qui menace la solvabilité des entreprises turques endettées en euro ou dollars et sur les coûts de leurs produits ou équipements importés. La banque centrale doit se réunir en urgence aujourd’hui pour discuter de la politique des taux d’intérêts afin de défendre la monnaie.

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