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L’industrie française tend la main à la Turquie 14 mars 2014

Posted by Acturca in Economy / Economie, France, Turkey / Turquie.
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Air & Cosmos (France) n° 2397, 14 mars 2014, p. 30-31

Yann Cochennec, A Ankara

Pour célébrer le centenaire de la fondation de leur république, les industriels aéronautiques turcs se sont fixé des objectifs très ambitieux pour 2023. Cela tombe bien, car les industriels français sont prêts à les aider.

Ali Tachattahte, responsable développement export d’Emitech, « s’en grille une » entre deux rendez-vous d’affaires. La cigarette n’est pas turque, mais nous sommes bien à Ankara. Et plus précisément devant l’hôtel Sheraton.

C’est là, en cette après-midi du 27 février, que les représentants d’une soixantaine de PME PMI françaises ont une succession de rendez-vous avec leurs homologues d’entreprises aéronautiques turques. Les rencontres « B2B » s’enchaînent jusqu’à 18 heures et se poursuivront le lendemain matin.

Et les industriels français sont très contents de ces entretiens. « Les rendez-vous sont très denses et répondent bien à nos attentes », souligne Martin Monié, responsable développement défense du groupe Manitou, une entreprise qui a commencé dans le matériel agricole avant de se diversifier dans la défense.

Même son de cloche de la part de Stéphane Bloche, responsable commercial export de Conesys Europe. Tous ne sont pas venus en terrain inconnu. « Nous avons un distributeur en Turquie, mais ce déplacement est pour nous l’occasion d’aller directement au contact de nos clients », ajoute Stéphane Bloche.

« AUX PETITS OIGNONS. »

Même démarche pour Patrice Gerard, responsable mercatique de Fact’Em, une entreprise spécialisée dans l’électroacoustique et qui fournit notamment la Marine nationale.

« Il ne faut pas se faire d’illusion. Ce déplacement est une première étape et il s’agit d’identifier les opportunités », expliquet-il.Ali Tachattahte est également ravi de ses rendez-vous. « Les interlocuteurs sont d’un bon niveau », souligne-t-il.

Seule ombre au tableau : les contacts prévus avec les représentants de la société Alselsan, spécialisée dans l’électronique de défense, n’ont pu se faire, faute de combattant. « Ce n’est pas grave, car je vais visiter leur site demain et la prise de contact se fera à ce moment-là », sourit le responsable développement export d’Emitech.

Car le Gifas (Groupement des industries françaises aéronautiques et spatiales) a « mitonné un programme aux petits oignons » pour ses membres qui ont décidé de faire le déplacement en Turquie. Aux rencontres « B2B » se sont ajoutées les visites de plusieurs sites de l’industrie aéronautique et de défense turque à Ankara, mais aussi à Istanbul et Izmir ou encore Eskisehir.

Pratiquement du « sur-mesure », selon les demandes exprimées par les uns et les autres. Un travail de fond commencé il y a deux ans et mené de main de maître par Emeric d’Arcimoles, président de la commission internationale du Gifas, Vincent Gorry, directeur des Affaires européennes et internationales, et Bernard Espannet, secrétaire général du comité AéroPME et du Groupe des équipements aéronautiques et de défense (GEAD). Pour ne citer qu’eux.

POINT D’ORGUE

Et le point d’orgue de ce déplacement a été la présence de Marwan Lahoud, président du Gifas, et de Laurent Collet-Billon, délégué général de l’armement. Avec, à la clef, la signature d’un protocole d’accord qui jette les bases d’une coopération industrielle renforcée dans le domaine de la défense (cf. encadré).

p. 31

Mais pas seulement. Le secteur civil est aussi concerné et cela va jusqu’aux avions légers comme ceux conçus par Philippe Moniot. Ce dernier a d’ailleurs profité de son déplacement pour signer un protocole d’accord avec un partenaire turc pour répondre à un futur appel d’offres de la Force aérienne turque sur des avions d’entraînement.

Les industriels français sont à la recherche de nouveaux marchés et leurs homologues turcs se sont fixé de très ambitieux objectifs avec en ligne de mire la célébration du centenaire de la fondation de la République turque en 2023 : avion de combat de cinquième génération, hélicoptère léger ( 5 tonnes), avion régional, lanceur…

Et de l’avis de beaucoup, l’industrie aérospatiale turque ne pourra pas tout mener de front d’ici 2023. Sans oublier que ces objectifs industriels s’accompagnent d’une volonté clairement répétée de pousser les exportations de l’industrie de défense turque à 25 Md$ à la même date.

MONTÉE EN GAMME.

L’année dernière, le montant de ces exportations s’est élevé à 1,4 Md$ et pourrait atteindre les 2 Md$ (cf. graphes ci-contre). Ce qui permet de prendre la mesure du défi qui attend l’industrie turque. D’autant que cette dernière a aussi compris qu’il lui faut « monter en gamme ».

Mais si l’effort en R&D a été multiplié par deux en trois ans, ce dernier est insuffisant pour atteindre ces ambitieux objectifs commerciaux et industriels. A titre de comparaison, la France dépensera près de 4,4 Md€ entre 2014 et 2019 avec en plus un solide historique en matière de technologies pointues.

Les industriels français sont donc prêts à aider leurs homologues turcs. C’est le sens du déplacement. Comme le souligne Thierry Voiriot, directeur général de Rellumix et président du comité Aéro-PME : « Il s’agit de créer des coopérations sur la base d’idées innovantes. ». Et de passer à la métaphore : « J’ai un projet, j’ai un trou dans la raquette et vous m’aidez à le combler. »

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