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L’activisme de la Turquie 18 mai 2010

Posted by Acturca in Middle East / Moyen Orient, Turkey / Turquie.
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Le Temps (Suisse), 18 mai 2010

Delphine Nerbollier, Istanbul

 Ankara a engagé une diplomatie régionale très intense. Le premier ministre turc savoure sa victoire. Après des mois de négociations, Recep Tayyip Erdogan a finalement assisté à la signature d’un accord assurant un échange d’uranium sur le territoire turc. Malgré les doutes sur l’avenir de ce texte et les soupçons de manipulation par Téhéran, l’aboutissement de cette médiation est perçu à Ankara comme une incontestable réussite diplomatique.

Cet accord confirme surtout la vision d’un homme, Ahmet Davutoglu, actuel chef de la diplomatie turque et véritable architecte de cette politique étrangère hyperactive dont la ligne directrice tient en un slogan: «Zéro conflit avec les voisins». Dans le cas iranien, la Turquie a tenté durant des mois d’éviter un conflit armé et de voir son voisin, son deuxième fournisseur de gaz, subir de nouvelles sanctions qu’elle juge inefficaces. Mais Ankara s’est aussi servi du dossier iranien pour s’imposer comme une puissance régionale capable de jouer les médiateurs dans divers dossiers. En 2008, il a ainsi mené des négociations indirectes entre la Syrie et Israël. Parallèlement, Ankara multiplie les associations avec ses anciens ennemis. «Il y a 15 ans, les pays les plus problématiques pour la Turquie étaient la Syrie, la Grèce et la Russie», a rappelé Ahmet Davutoglu, tout sourire, samedi devant un parterre d’académiciens. «Or rien que la semaine dernière, nous avons eu des contacts de très haut niveau avec ces trois pays. Ils sont devenus nos meilleurs amis!»

Face à cette frénésie diplomatique, certains s’inquiètent de la détérioration des relations avec Israël et d’un possible abandon du projet européen. Mais pour Ahmet Davutoglu, ces mouvements sont compatibles avec le rêve européen. «Nous voulons être membres à part entière de l’UE», argumente-t-il tout en constatant que son pays a échappé au gros de la crise du fait d’une dépendance économique moindre envers l’UE.

Turquie, puissance montante? Oui, si l’on en croit aussi sa place au G20 et les 151 voix obtenues pour devenir membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU. «Ces pays ont estimé que nous pouvions contribuer aux affaires du monde», se félicite Ahmet Davutoglu. C’est d’ailleurs en tant que membre du Conseil de sécurité qu’elle a voulu faire entendre sa voix sur le dossier iranien, au côté du Brésil.

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