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Le commerce français à la peine en Turquie 18 juin 2010

Posted by Acturca in Economy / Economie, France, Turkey / Turquie, Turkey-EU / Turquie-UE.
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EurActiv.fr, 18 juin 2010

Marek Kubista

Malgré un potentiel significatif, les relations commerciales entre la France et la Turquie sont en-deçà de leurs capacités, alors que le pays est en plein développement. Les relations politiques tendues expliquent ces difficultés.

Loi sur le génocide arménien, refus de l’entrée de la Turquie dans l’UE, désaccords sur l’Iran… Les différends politiques entre la France et la Turquie sont nombreux et ont attisé les tensions entre les deux pays. Les autorités turques étaient allées jusqu’à évoquer un boycott des produits français en 2006 à la suite de l’adoption d’une loi en France punissant la négation du génocide arménien. Tandis que Gaz de France s’était retiré du projet de gazoduc Nabucco en février 2008, après un veto du gouvernement turc, selon Rue89.

Pourtant, les relations politiques semblent s’être apaisées ces derniers mois. La saison de la Turquie en France et les visites du président Abdullah Gül et du premier ministre Recep Tayyip Erdogan en France ont apaisé les tensions. Au sujet de GDF/Suez notamment, le président turc avait assuré en octobre 2009 que « les entreprises françaises étaient les bienvenues » dans le projet de gazoduc européen.

Une volonté d’intensifier les relations économiques entre les deux pays avait également été manifestée lors d’une rencontre entre Nicolas Sarkozy et le premier ministre turc en avril 2010. Ils s’étaient engagés à augmenter de 5 milliards leur volume commercial en deux ans, pour atteindre les 15 milliards en 2012, selon le premier ministre turc en visite à Paris.

« Si l’expression des tensions a baissé d’un cran, les rencontres n’ont pas amélioré les relations, au contraire », selon le chercheur de l’Iris Didier Billion. Un point de vue partagé par Bahadir Kaleagasi, Coordinateur international de la Tusiad (équivalent du MEDEF en Turquie). Il estime que la « saison de la Turquie a eu un effet positif, mais que les relations commerciales ne sont pas suffisamment développées ».

Des entreprises françaises ‘blacklistées’

Outre Gaz de France, de nombreuses entreprises françaises sont mal placées sur les appels d’offres. L’entreprise de restauration collective Sodexho aurait été écartée en 2007 d’un appel d’offre lancé par le ministère turc de la Défense. De même, Didier Billion explique « qu’Areva est ‘blacklistée’ » dans le domaine du développement du nucléaire civil. Bahadir Kaleagasi rappelle quant à lui que la construction de la liaison ferroviaire à grande vitesse Istanbul-Ankara avait été perdue par les Français au profit des Espagnols.

Même si la France est leader dans certains domaines comme l’énergie ou l’eau, les entreprises françaises ne progressent pas sur des marchés en pleine expansion en Turquie comme celui de l’environnement qui représente près de 70 milliards d’euros, rappelle Bahadir Kaleagasi.

La raison ? Si l’idée d’un boycott ou d’une intervention politique n’est pas de mise selon lui, « il existe [toutefois] une marge de manœuvre » dans les appels d’offres, due à une « barrière morale », explique-t-il sobrement.

Car les Turcs n’apprécient pas la position de la France à leur égard. Bahadir Kaleagasi rappelle que le « discours politique anti-turc » était très fort pendant la campagne présidentielle de 2007. Didier Billion estime également que le gel des cinq chapitres de négociations d’adhésion à l’UE par la France entretient un climat délétère entre les deux pays. L’annulation à la dernière minute d’une visite de Christine Lagarde à la mi-juin ne va pas dans le sens d’une amélioration.

La France, 5e partenaire économique de la Turquie

Si les flux commerciaux ne sont pas facilités par les relations politiques tendues, la relation économique entre les deux pays est forte. L’Institut du Bosphore rappelle que la France est le cinquième partenaire économique de la Turquie et le troisième investisseur étranger en Turquie. 11 milliards d’euros ont été échangés en 2008. L’échange de produits manufacturés n’est pas affecté en raison de l’union douanière entre les deux pays. En outre, des entreprises comme Renault ou AXA sont bien implantées en Turquie, selon Didier Billion.

C’est donc moins un niveau faible des relations commerciales qui est en cause mais au contraire le potentiel de développement non exploité car affecté par les relations politiques tendues. Selon Bahadir Kaleagasi, « les échanges pourraient être multipliés par trois ».

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