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Surenchère française entre ADP et Vinci sur l’aéroport d’Istanbul 1 mars 2012

Posted by Acturca in Economy / Economie, France, Istanbul, Turkey / Turquie.
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Les Echos (France) 1 mars 2012, p. 1

Myriam Chauvot

Les deux derniers candidats en lice pour racheter un bloc du principal gestionnaire turc d’aéroport sont français. Pour Vinci comme pour Aéroports de Paris (ADP), l’opération est stratégique. En retoquant le texte sur le génocide arménien, le Conseil constitutionnel facilite la position d’ADP, groupe public, dans une vente de bloc qui nécessite l’accord de l’Etat turc. Les offres finales seront remises dans une dizaine de jours.

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ADP et Vinci se disputent l’aéroport d’Istanbul dans un contexte politique franco-turc tendu

ADP et Vinci restent les seuls candidats en lice dans l’appel d’offres pour acquérir un bloc du principal gestionnaire turc d’aéroports. Son principal actif est l’aéroport d’Istanbul, dont la concession n’a plus qu’une durée de vie résiduelle de neuf ans.

En censurant mardi le texte de loi reconnaissant le génocide arménien, le Conseil constitutionnel aurait pu, sans en être probablement conscient, faciliter la tâche d’Aéroports de Paris (ADP). Las, dans la foulée Nicolas Sarkozy, a demandé au gouvernement de refaire un texte au risque de s’attirer une nouvelle fois les foudres de la Turquie ! Or l’entreprise publique est encore en lice pour acquérir un bloc minoritaire au capital du principal gestionnaire aéroportuaire turc, TAV Havalimanlari. Et cette vente devra être validée par l’Etat turc…

La croissance de plus de 5 % du PIB turc et la progression soutenue (+ 16 % en 2011) du trafic de l’aéroport d’Istanbul opéré par TAV en fait une cible très convoitée… La société cotée détient en outre un portefeuille d’une dizaine d’aéroports en Turquie et à l’international, même si 70 % de sa valeur repose sur sa concession d’Istanbul. Ses deux grands actionnaires, Tepe et Akfen, sont prêts à vendre une partie de leurs 52 % si les offres valorisent TAV à plus de 2 milliards de dollars (un peu moins de 3 milliards avec la dette), soit un peu plus que sa capitalisation boursière actuelle de 1,8 milliard. Les candidats n’ont pas manqué lors de l’appel d’offres, avec parmi les noms cités rien moins que le Qatar, Carlyle et encore CVC.

Malgré le calibre des concurrents, la France s’est retrouvée dans une position singulière. Les deux seuls candidats retenus à l’issue de l’avant-dernier tour il y a une dizaine de jours sont en effet français puisque, outre ADP, Vinci est encore en lice. Les deux concurrents sont ainsi lancés actuellement dans une surenchère franco-française pour l’emporter.

Le groupe français retenu ne serait que minoritaire dans le capital de TAV. Les négociations portent sur la taille d’un bloc de 40 % au maximum, voire moins, afin de ne pas obliger l’acheteur à lancer une OPA sur la société cotée. Vinci pourrait ainsi se porter acquéreur de 30 %, pour un montant de l’ordre de 500 millions d’euros. A condition, évidemment, qu’ADP ne fasse encore monter les enchères. A cet égard, le scénario idéal pour Vinci, mais peu probable, serait que l’actionnaire d’ADP, l’Agence des participations de l’Etat, s’inquiète d’une opération aussi onéreuse et impose au groupe présidé par Pierre Graff de se retirer d’ici à la remise de l’offre finale dans une dizaine de jours. Pour Vinci, l’opération est très importante. Ce serait la première concrétisation de la priorité stratégique donnée en mars 2011 par son PDG, Xavier Huillard, au développement du groupe par rachat de concessions à l’international. Vinci, bien que leader mondial des concessions, n’a encore rien acquis depuis cette annonce. Il était candidat sur le portefeuille de l’allemand Hochtief, mais ce dernier l’a retiré de la vente. Le groupe n’a donc, à l’international, que les 3 aéroports du Cambodge, détenus de longue date. Vinci Airport ne représente encore que 150 millions d’euros de chiffre d’affaires, à comparer à 873 millions d’euros pour TAV l’an dernier.

Quel que soit celui des deux groupes qui l’emportera, un autre problème demeure à l’horizon. La concession de l’aéroport d’Istanbul, la pépite de TAV, n’a plus qu’une durée de vie résiduelle de neuf ans. Si le prochain texte promis par Nicolas Sarkozy était adopté, ce nouvel affront diplomatique pourrait rester dans les mémoires turques d’ici là et ne pas faciliter le renouvellement même si l’actionnaire français demeurait minoritaire… Vinci peut certes arguer que la moitié de son capital est aux mains d’étrangers. Chez ADP, on ne commente pas.

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