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Erasmus. D’Istanbul à Lille: rencontre avec deux étudiantes turques 17 septembre 2013

Posted by Acturca in France, Istanbul, Turkey / Turquie.
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La Voix du Nord (France) Mardi 17 septembre 2013, p. 17

Par Medhi Weber, Lille

Müge Irmak (21 ans) et Özlem Çakir (22 ans) viennent toutes deux de débarquer à Lille pour leur rentrée en tant qu’étudiantes Erasmus. Grâce à Marine, étudiante de Sciences Po Lille maîtrisant le turc, nous avons pu échanger avec elles. Les deux jeunes filles nous livrent notamment leurs sentiments à propos des manifestations qui secouent leur pays.

Müge et Özlem, originaires d’Istanbul en Turquie, étudient les relations internationales à l’université Kültür. Une matière qu’elles viennent approfondir à Sciences Po pendant un semestre. Durant ce séjour, elles comptent également apprendre le français. Pour Müge, c’était presque une évidence. Sa mère est prof de français en Turquie. Quant à Özlem, elle a fait deux semestres de français dans son université et compte maintenant approfondir l’apprentissage de la langue. Toutes deux ne tarissent pas de comparaisons : «Lille n’a vraiment rien à voir avec Istanbul, explique Özlem. Toute la nourriture a un goût différent!». «Sans parler de la météo!» s’exclame Müge. Les deux Stambouliotes étaient sur place en mai dernier, lorsque s’est déclaré le mouvement protestataire autour de la protection du parc Gezi, qui se situe à côté de la place Taksim. «J’ai passé quatre nuits auprès des manifestants en juin. J’y distribuais de la nourriture au stand Unicef» raconte Müge. Dans sa démarche, «il n’était pas seulement question de s’opposer au gouvernement, il s’agissait surtout de défendre notre liberté». Pourtant, il y a eu ce mot de trop, lancé par Recep Tayyip Erdogan, le Premier ministre turc. Le leader du parti pour la Justice et le Développement (l’AKP) a accusé d’alcoolisme le fondateur de l’État, Mustafa Kemal dit Atatürk. Pour Müge, il s’agit d’une insulte envers un «leader encore très ancré dans la mémoire collective» malgré son décès, il y a 75ans.

Özlem, elle, s’avoue plus «confuse», perdue dans la cacophonie de «toutes ces opinions divergentes et ces informations contradictoires». Ce qu’elle regrette, c’est que tout soit allé si loin. «Des gens sont morts là-bas, l’attitude de la police a été choquante. La provocation aussi a été trop loin».

Toutes deux sont perplexes sur le bilan de ces événements. Pour Müge, «c’est la première fois que les jeunes et la population s’impliquent de cette manière dans la vie citoyenne», mais pour autant «aucune solution n’a été trouvée». «Le message n’est pas passé» conclue Özlem. Müge se dit ainsi «pessimiste sur l’avenir de son pays» tant que le parti au pouvoir dégrade la situation. «Comme aucun parti de l’opposition n’est assez fort, ils continuent de gagner.»

Chez Özlem, le malaise est plus profond : «Je ne me reconnais pas dans l’offre politique actuelle, et, de manière générale, les Turcs ne font que se positionner pour ou contre le parti au pouvoir». «Malgré tout cela, la vie continue à notre échelle», nuance-t-elle. Autre son de cloche pour Müge qui vise une carrière dans les médias: «Je ne veux pas travailler en Turquie, car les médias n’y sont pas indépendants.»

Réagissant à la défaite d’Istanbul pour les Jeux olympiques de 2020, Özlem se veut optimiste: «C’est la plus belle ville du monde, elle finira pas gagner!»

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