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Le Haut-Karabakh, clef turque de la normalisation avec l’Arménie 11 octobre 2009

Posted by Acturca in Caucasus / Caucase, Turkey / Turquie.
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Reuters – Les actualités en français, 11 octobre 2009

par Alexandra Hudson, Istanbul

Au lendemain de la signature de l’accord historique en vue de l’établissement de relations diplomatiques entre la Turquie et l’Arménie, la question du Haut-Karabakh s’est imposée comme une des clefs de la réussite du processus.

Cette enclave arménienne de l’Azerbaïdjan est à l’origine du conflit armé qui a opposé les deux anciennes républiques soviétiques du Caucase en 1991. Quelque 30.000 personnes ont péri et un million d’autres contraints au départ.

Un accord de cessez-le-feu a été signé en 1994 entre Erevan et Bakou, mais l’Arménie occupe toujours plusieurs régions d’Azerbaïdjan. La Turquie, principal allié de Bakou, a fermé sa frontière avec l’Arménie en 1993.

Dimanche, le Premier ministre turc Tayyip Erdogan a réaffirmé que l’Arménie devait se retirer des zones azéries qu’elle contrôle afin d’assurer la ratification de l’accord de Zurich par les députés turcs.

« La Turquie ne peut prendre de disposition positive vis-à-vis de l’Arménie à moins que l’Arménie se retire des territoires azerbaïdjanais (…) Si cette question est réglée, notre peuple et notre Parlement auront une attitude plus positive vis-à-vis de ce protocole (d’accord) et de ce processus », a-t-il dit devant les cadres de son parti AKP réunis à Ankara.

Les ministres turc et arménien des Affaires étrangères ont paraphé samedi soir à Zurich un accord visant à l’établissement de relations diplomatiques normalisées et à l’ouverture de leur frontière commune.

Ce protocole, dont la signature a été différée de trois heures en raison de divergences de dernière minute, doit tourner la page de près d’un siècle d’hostilité liée aux massacres d’Arméniens par les Ottomans pendant la Première Guerre mondiale.

Opposition des nationalistes

Il doit être ratifié à présent par les Parlements turc et arménien, et la partie s’annonce difficile du fait de l’opposition des nationalistes des deux bords et de l’insistance avec laquelle l’importante diaspora arménienne demande que la Turquie reconnaisse que les tueries de 1915 constituaient un génocide.

« Nous soumettrons ce protocole au Parlement, mais ce dernier doit étudier les relations entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie pour décider si ce protocole peut être mis en oeuvre », a souligné Erdogan.

Pour Alexander Iskandaryan, qui dirige l’Institut des médias du Caucase à Erevan, la marge de manoeuvres est étroite. « C’est un fait que le mot Karabakh pas plus que celui d’Azerbaïdjan n’apparaissent dans les documents qui ont été signés. »

Le Premier ministre turc s’est parallèlement attaché à rassurer l’Azerbaïdjan, dont le ministère des Affaires étrangères a jugé dimanche que « la normalisation des relations entre la Turquie et l’Arménie avant le retrait des forces arméniennes du territoire azéri occupé (était) en contradiction frontale avec les intérêts nationaux de l’Azerbaïdjan ».

Mais l’établissement de relations normalisées entre Ankara et Erevan revêt une importance stratégique majeure: cette région du Sud-Caucase est un carrefour crucial entre les gisements de pétrole et de gaz de la mer Caspienne et les marchés européens.

Il constitue aussi un nouvel atout dans le jeu d’Ankara qui négocie difficilement son adhésion à l’Union européenne.

Samedi soir à Zurich, la cérémonie concluant le processus mené sous médiation de la Suisse s’est déroulée en présence de Javier Solana, porte-parole de la diplomatie européenne, du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, de la secrétaire américaine d’Etat Hillary Clinton, et de Bernard Kouchner, le chef de la diplomatie française (Russie, Etats-Unis et France forment le groupe de Minsk qui tente de régler la question du Haut-Karabakh).

Dans un communiqué diffusé dimanche, Lavrov a salué cet accord, ajoutant que Moscou apporterait son soutien au processus de normalisation. « Aucune de ses dispositions ne peut être interprétée comme portant atteinte à une tierce partie », a-t-il souligné.

(avec Afet Mehtiyeva à Bakou, version française Henri-Pierre André)

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