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Les bijoux fantasmagoriques de Sevan Bicakci 16 mai 2012

Posted by Acturca in Art-Culture, Economy / Economie, Istanbul, Turkey / Turquie.
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Le Temps (Suisse) 16 mai 2012

Antonio Nieto

Le joaillier turc construit des villes miniatures à l’intérieur de pierres précieuses. Ses bagues sont des mondes en soi, entièrement réalisées dans son atelier de six étages par des artisans d’art. Visite émerveillée

L’atelier de Sevan Bicakci, installé à Istanbul, permet dès l’entrée et tout au long des six étages du bâtiment de découvrir à quel point cet artiste est unique.

Après avoir admiré, dans la galerie du rez-de-chaussée, ses créations, on découvre pas à pas dans les étages les savoir-faire nécessaires. Au 1er sont installés les tailleurs de pierres précieuses, les graveurs, les calligraphes, les sculpteurs entre autres artisans d’art. Le 2e niveau accueille la salle de réunion où naissent les ­contours de ces bijoux fantasmagoriques. Les autres étages sont occupés par les designers, les orfèvres et les sertisseurs. Comme au sein d’une ruche, tous s’affairent autour d’ un seul but: dépasser les limites de la création joaillière.

Sevan Bicakci est né en 1972 à Istanbul. Il a grandi dans le quartier de Samatya. C’est dans l’atelier du maître orfèvre Hovsep Chatak, dans le Grand Bazar d’Istanbul, qu’il a appris son métier. Ce lieu gigantesque abrite une tradition joaillière vieille de cinq cents ans.

Sevan Bicakci a très vite ­compris que l’opportunité d’entrer dans cette prestigieuse école était la chance de sa vie. Il y a appris à développer son art du dessin technique et du façonnage. A la mort de son maître, il a choisi de commencer à travailler à son compte dans une minuscule boutique. Après avoir fourni de grands joailliers en tant que créateur free-lance pendant dix ans, il a décidé de réaliser sa première collection en 2002. Il avait à peine 30 ans.

Les palais byzantins et ottomans, les églises, les mosquées, les fontaines et les mausolées qui l’entourent sont une source inépuisable d’inspiration. Ses bagues ne sont autres que des rêves sculptés par l’influence magique de l’architecture d’Istanbul. «On ne peut pas faire table rase du passé dans une ville qui a traversé 2000 ans d’histoire, de cet environnement unique d’où rejaillissent mes souvenirs d’enfance à tous les coins de rue et que j’essaie d’intégrer dans ma propre collection», confie-t-il.

Son souci majeur ce n’est pas les matériaux utilisés mais le rendu final. Grâce à Mère Nature, qu’il remercie de tant de générosité, il peut puiser dans une variété infinie de pierres afin que ses rêves créatifs concordent avec une certaine réalité. Souvent de l’or 18 ou 24 carats, de l’argent, des diamants, de l’émail et toute une gamme de pierres fines et précieuses de toutes les couleurs.

«L’imagination est l’élément le plus important, c’est ce qui donne la puissance à un bijou. J’essaie de faire se rencontrer l’empereur de Byzance ou le sultan ottoman avec Alice au pays des Merveilles. Je ne pourrais dire quelles sont les pièces phares de la collection car elles font toutes partie d’un même élan qui s’inscrit dans une évolution graphique. Chaque pièce est importante car l’une n’existerait pas sans les autres», confie le joaillier, qui réalise quelque 400 bijoux chaque année.

Sevan Bicakci ne se fixe aucune limite budgétaire. Ses pièces s’arrachent depuis ses débuts et rencontrent un immense succès auprès de collectionneurs privés. Le fait que ses œuvres soient uniques, et si longues à réaliser, le met à l’abri de toute tentation de production en série. Dans son travail se mêlent différentes techniques artistiques: des peintures, des calligraphies, des sculptures, de la gravure… Le tout en miniatures et réalisé par Hasan Kale, un artiste extraordinaire avec qui le joaillier collabore.

Sevan Bicakci utilise avec bonheur tout l’art des maîtres sertisseurs en employant des matériaux inattendus, comme de l’écaille de tortue, des perles ou des miroirs qui donnent à ces créations des allures de chimères.

Son but n’est pas d’être ­compris ou désiré de tous. Il ne s’adresse pas aux femmes qui cherchent un accessoire. Il veut que ses créations soient au premier plan, qu’elles soient un médium entre ceux qui les portent et ceux qui regardent. «J’aime les bijoux qui communiquent», dit-il. Des bijoux à histoires…

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